Bruno Mylonas
   

En 1877, Thomas Edison construit le premier appareil qui autorise l’enregistrement et l’écoute de sons.

A la fin des années 1880, les premiers disques ont été gravés sur des disques en cire, en un seul exemplaire.
A cette époque, le mixage n'existait pas, seul un cornet servait de microphone.
Lors de l'enregistrement, tous les musiciens du groupe étaient en file indienne.
Devant le cornet, on pouvait voir : le chanteur, le guitariste, le contrebassiste…
A cette époque là, au début du disque, le mixage était réalisé de cette manière.

Dans les années 1930, le magnétophone a bande est arrivé avec une piste mono ; puis deux pistes, ce qui permettait d'enregistrer deux choses séparément (l'overdubbing), ce qui permettait de doser après les nouveaux instruments enregistrés par dessus la piste.
C'était le début du mixage, le début de la stéréophonie.

Beaucoup de disques étaient mixés avec la batterie à gauche, et les voix à droite, pas de reproduction de l'espace sonore, c'était les prémices de la notion « d’espace sonore ».

L'arrivé du 4 pistes a permis de créer un espace sonore plus large, ce qui permettait d'entendre un orchestre dans tous l'espace (gauche et droit).
C'est le 4 pistes qui a permis de créer un espace stéréophonique avec une largeur évidente.

On est passé très vite passé au 8, 16,... pistes, et la folie des grandeurs a engendré toutes les possibilités de la production phonographique.
Les Beatles s'en sont servi à outrance avec tous leur talent et leur inventivité.
A partir de là, la technique n'a jamais cessé d'évoluer du 8 au 16 au 24 pistes...

Les 24 pistes analogiques ont marqué la fin de l'ère analogique, et le numérique est apparu avec de multiples possibilités de synchronisations entre différents magnétophones, ce qui a permis d'enregistrer en 32 pistes numériques, puis 2x32 synchronisés donc 64.

La production a évolué, une exagération dans la production s'est transformée en surproductions démesurées avec un nombre de pistes incalculables, qui nous a amené aux années 80.

Une nouvelle musique, froide, très calée rythmiquement, le début des reverbes digitales, des gates qui a amené une débauche de son au détriment de la musique.
Néanmoins, ceci a amené de la rigueur et de la justesse.

Après une décennie de perfection rythmique, de justesse et de froideur synthétique, le contre-pied est arrivé (le rock indépendant, le rap).
On a changé d'ère.

Les années 90, c'est les sampleurs qui capturaient des boucles de vrais batteurs, des riffs… (emu ; fairlight).
On quittait une décennie froide pour une autre plus chaleureuse.

Moins de pistes, plus de simplicité, mettre en avant le côté "live", ce qui va nous amené vers les années 2000.
On recherche la simplicité, c'est un revirement total, le besoin d'exister avec les concerts, le besoin du public de voir des vrais artistes se produirent sur scène, de revoir l'artiste dans son état naturel.

Dans les années 2000, le marché du disque s'effondre (Internet, téléchargement, piratage).
Un renouveau pour la chanson française, les poètes, la simplicité.